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 □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)

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MessageSujet: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Dim 27 Mar - 18:53



□ □ □


Des conversations.
Des mots et des mensonges.

Le brouhaha général le laissait là, flottant entre deux eaux. Marée humaine. Ils se ressemblaient tous, avec leurs costumes soi-disant taillés, leurs calvities naissantes et leurs sourires de publicité. Gala de charité. Quelque chose comme ça, quelque chose de ressemblant. Il n'avait rien à faire ici. Mais il se faufilait tout de même. Entre des têtes et des verres. Des salutations à la mesure. Il n'était même pas sûr du genre d'évènement. Mais ça faisait toujours beau, ça faisait toujours bien. D'envoyer un exemple de la jeunesse qui réussit. De la poussière aux étoiles. Les mâchoires bloquées, étirement feint. Le contenu de son verre brûla sa gorge en vitesse. Un coup d'oeil alentour. Des frissons sous les costumes. Il en profitait pour scruter, pour écouter. Parfois charmer, si l'occasion se présentait. Histoire de faire passer un peu plus vite la soirée.

Sa silhouette dans le lointain. Des battements à ses tempes, le sang pulsant en écho. Ça lui courrait le long de l'échine, depuis quelques jours. Depuis qu'il lui avait fait ça. Le laisser sans voix, entre deux portes. Tétanisé, le goût de ses lèvres sur les siennes. Ça faisait des mois. À se gratter le coin de la mâchoire, crissement sous ses ongles trop courts. Un signe de tête à un inconnu. La bonne figure. Des mots jetés sur un bout de papier. Sur un plateau de serveur, des demandes au creux de l'oreille. Vous pouvez faire passer ça à l'homme, là-bas ? Le juge Conroy. Avant de disparaître. Dans la foule, dans la nuit. Hors de vue, hors d'atteinte.

Vingt-trois heures, hôtel Wallace. Et ses gestes nerveux. Il mordait l'intérieur de ses lèvres. Le souffle retenu, penché sur le comptoir de l'hôtel quatre étoiles. Un sourire crispé à la réceptionniste. Et un regard fugitif à l'écran de son téléphone. Vingt-deux heures cinquante. Pour une fois qu'il n'était pas en retard au rendez-vous de ses jours. "Il ne nous reste que la suite Washington, monsieur." Son attention avait été rattrapée par la voix de la femme face à lui. Un froncement de sourcils. Un coup d'oeil à l'entrée, derrière lui. Retour à la réalité. "Ça ira très bien." L'air affable, tension en arrière. À quel nom ?

Il devait se retenir de faire les cent pas. Le pass dans la poche de son grand manteau, à rouler et glisser entre ses doigts énervés. Il avait désserré le noeud de sa cravate. Manque de place, manque de souffle. Figé dans l'attente. Des minutes et des heures. Il s'était glissé de façon stratégique. Visible après quelques pas, mais aveugle au reste des autres. Et ça lui pesait sur la nuque, des pensées en tourbillons et des idées trop claires. Du mal à ravaler sa propre salive, sa langue glissant sur ses lèvres vivement. Il devait venir. Il ne pouvait pas autrement.

Le bruit étouffé des portes qui s'ouvrent.
Battement de cils, battement de sang.



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Dernière édition par Léonard Dickens le Jeu 14 Avr - 17:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Dim 27 Mar - 20:04



□ □ □


Le champagne chaud au creux de sa paume. Bulles timides dont il ne parvenait pas à décoller ses rétines pâles. La monotonie de ce genre de soirées était factice. Il fallait être sur ses gardes pour éviter le suicide social. Sourire de façade et blagues politiquement correctes. Le juge Conroy lui était d’avance fatigué de se mettre ainsi en représentation et il comptait seulement les minutes jusqu’au moment où rentrer chez lui serait moralement acceptable. Puis le salut vint de nulle part. Une carte siglée d’une écriture inconnue. Une chaleur dans le creux du ventre. Il scruta la foule mais elle resta imperméable.

23h, hôtel Wallace.
L.


« Tout va bien Gabriel ? » Familiarité fausse et non recherchée mais il ne pouvait pas s’en offusquer. L’homme était le mari d’une grande amie de Maria. Une toile d’araignée. Un piège dont il ne savait se défaire. Il n’aimait pourtant ni l’un ni l’autre et souffrait leur présence à de si nombreux repas que l’homme le présentait désormais comme « Gabriel, mon très bon ami. » Trop de mensonges derrière la politesse.
« Jjje… » Les mots butèrent sur sa langue et il s’agaça. Il fit claque sa langue. « dois y aller. Un dddossier. »
« Il faut lever la patte un peu mon vieux ! » Il évita de justesse son geste de la main amical sur l’épaule et esquissa un sourire désolé. En s’éloignant il l’entendit commenter le fait qu’il n’était qu’un bourreau de travail et que c’était admirable. L’esprit de Gabriel lui, était déjà ailleurs.

Bien que l’envie le tenaille, il ne s’était pas précipité à l’hôtel où il aurait pu attendre l’heure tranquillement au bar. Il choisit de se ruer chez lui plutôt, et de prendre une douche « rapide » qui consistait en un millier d’étapes décortiquées. Et il avait choisi sa plus belle chemise. Un after shave qui avait été conçu spécialement pour lui et qui donnait de la profondeur à sa personnalité si affable. Ce n’était que devant l’établissement, alors que le portier se chargeait de sa voiture qu’il se mit à avoir des doutes. Et s’il se trompait sur la nature de cette relation ? Et si, à l’intérieur, l’attendait une série de journalistes prêts à exposer ses viscères aux yeux de tous ? Il entra parce qu’il voulait y croire.

Et il croisa son regard. Frêle silhouette qui s’acharnait à s’incarner dans les lieux alors qu’on aurait pu croire qu’il cherchait à les fuir. Pour une fois, Gabriel pouvait se laisser aller à l’observer un peu mieux. C’était un sentiment si étrange de trouver un autre homme beau qu’il sentit soudain son cœur s’emballer sous la pression de la peur. Il prit une inspiration viciée d’appréhensions et fit un pas en arrière pour se rapprocher de la sortie.

Je suis là mais je m’en vais. Certains rêves ne devraient pas s’incarner.




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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Dim 27 Mar - 20:39



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Il n'était pas de ce monde.
Il se le rappelait, quotidiennement.

Comme un mantra, en croisant le regard de son meilleur ami. Comme un étendard, en regardant les dizaines de pages s'accumulant lentement de son dossier de doctorat. Comme un mensonge, durant ces réunions au parti. Il n'était pas le même qu'eux. Il ne le serait jamais. Lui, il était né pour n'être personne, pour être tout le monde. Lui, on l'avait laissé sur le côté de la route, avant le début de la course. Lui, on n'avait jamais pensé à le ramasser. Il l'avait fait, tout seul. Sans les écouter, sans y faire attention. En se laissant ronger, bouffer de l'intérieur, peut-être. Mais ce n'était qu'un corps, une enveloppe qui semblait séduire tout le monde sauf son propre coeur. Le plus important, c'était les idées. Et tout acte était politique, en réalité. Même celui-ci.

Il se racla la gorge, l'envie de sortir fumer une cigarette roulée commençant à le tenailler dangereusement. C'était sa drogue, son mal à lui. Il savait qu'il s'encrassait, mais au moins le faisait-il en contrôlant la qualité de ce qu'il consommait. Frottement sourd. Volte-face. Ses iris mordorés s'échouèrent sur sa silhouette. Un masque de réflexe. L'air de défi, jamais vraiment impressionné. Le temps de détailler ses traits, sa tenue, ses mouvements. Un pas en avant, un pas en arrière. Et un instant de panique, au fond de sa tête. Pars pas maintenant. Pas si tôt. Ça n'a même pas commencé. Quelques pas, un coup d'oeil alentour. Et l'attirer. Sa main rencontrant la sienne. Une poignée de main fictive, pour le retenir, le rattraper. Se rapprocher, son visage à côté du sien. Des mots sifflés entre ses mâchoires serrées. "Un peu plus et j'me disais qu'tu v'nais pas." Un recul, en relâchant sa poigne. L'oeillade en coin, le sourire de paire. Et un autre souffle, dans ses pas pressés vers les ascenseurs. "Pas mal, le parfum. Un truc qui coûte la peau du cul, j'imagine ?" Des piques, lancées pour sa survie. Pour se mentir, en enfonçant fermement le bouton d'appel. Sans un regard, le nez baissé. Son muscle cardiaque se jetant aveuglément contre les barreaux de sa cage thoracique.

Ça le galvanisait. De l'adrénaline dans les veines. Il devait ronger le frein, ronger jusqu'à plus faim. Les poils hérissés, à l'orée de sa nuque. Jusqu'au retentissement salvateur. Un son de cloche embourgeoisé, et les portes s'ouvrirent en silence. "Après toi." Ça sonnait presque faux, sortant de sa bouche. Autant de bonnes manières, autant de politesse. Des faux airs qu'il avait bien appris, pour brosser la bête dans le sens du poil. C'était moqueur et calculé. Ça n'attendait que ça, dans le fond. Sauter à la gorge, pour oublier la terreur. Sa main sur son visage, la force avec laquelle il l'avait poussé. Sans pour autant réellement le malmener. Un geste brusque, trop soudain, après le visionnage des souvenirs d'une soirée qu'il essayait d'oublier. Il respirait un air trop fin. Retenu, détenu.



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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Dim 27 Mar - 22:18



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Une brûlure sur toute la surface de la peau. Un cri lancé par ses iris clairs. Une prière lancée dans le silence. Ne me touche pas. Puis la sensation chaude de sa paume, l’air à nouveau dans les poumons et le cœur douloureux contre les côtes. Les muscles tendus du juge se ramollirent au toucher du gosse. Il était en train de fondre, comme un caramel. L’esquisse d’un sourire, ombre du soulagement qui le prenait tout entier. Il ne sera pas ses doigts, il se contentait de laisser sa main dans la sienne et de voir ses cellules s’accommoder d’un autre être vivant.

La tête, légèrement penchée avec le regard qui glissait sur les lèvres toutes proches. Il appréciait chaque minute en sa compagnie. Chaque seconde trouvant sa résonnance en lui. Ses paupières papillonnèrent alors qu’il revenait au présent et que le garçon s’éloignait. Les mots comme des fantômes sur ses lèvres. Il aurait eu toutes les peines du monde à aligner les syllabes et il ne voulait pas gâcher l’instant avec ses bégayements pathétiques. Il aurait voulu être certain que son corps ne le trahisse pas. Il avait l’air bien assez idiot non ? A le suivre sans rechigner.

« Mmmerci. » Dit-il, les lèvres longtemps pressées l’une contre l’autre avant d’enfin articuler. Les joues rouges du plaisir de lui plaire. D’avoir réussi à séduire quelque chose chez lui. Il passa devant lui, la démarche chancelante, avec l’impression que son regard fauve allait creuser un trou dans sa nuque. Il avait les jambes faibles. Et il devait se rappeler par moment comment respirer. C’était une sensation étrange qui dansait dans son ventre mais elle n’était pas désagréable.

Pourtant il se plaqua contre la paroi de l’ascenseur, à l’opposé de l’endroit où se tenait Léonard. Ses quenottes laissant des marques dans ses lèvres. Partout, les murs réfléchissants lui renvoyaient la silhouette de l’homme. « Tu es beau. » C’était la première fois qu’il se permettait de dire une telle chose. Il aimait à croire qu’ils avaient flirté, à travers les mots. Du badinage sans conséquences. Mais si Gabriel était novice dans tout ce décorum, il savait néanmoins ce qu’il signifiait. Et il en avait des vertiges.

Son bras se releva juste un peu. L’index tendu pour effleurer la tranche de la main de Léonard. A peine un effleurement. Et il ferma les yeux, porté par la lave qui courait dans ses veines.
Tu sens bon toi aussi.
Le corps poussé vers le sien. Aimanté par sa présence.





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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Lun 28 Mar - 10:35



□ □ □


Les muscles retenus.
Des remerciements, du bout des lèvres.

Pour une fois, il n'en prenait pas compte. Un vague haussement d'épaules, une moue anodine. Il devait se retenir. Se contenir. Laisser le temps au temps et les secondes aux secondes. Trop longues, trop lentes. Le juge passa finalement devant lui. Une silhouette dessinée sous ses yeux. Ses dents tiraient sur sa chair, en interne. Il plaqua sa main sur le pan de commandes pour faire refermer le plus rapidement possible la boîte de métal. Avant d'enfoncer le dernier chiffre. Tout en haut.

Tu es beau. Il était encore à moitié de dos, par rapport à lui. Un froncement de sourcils, un instant de battement. Avant que l'arrogance ne reprenne sa place sur les traits fins de son visage. Le sourire creusant un trou dans sa joue. Ça frappait en lui. Un tambour sans nom. Sa façon de l'effleurer le fit tressaillir. Les pupilles fixées sur un visage qui s'aveuglait. Tant pis. L'espace était restreint. Des miroirs et de la décadence. Ça le dépassait, ce surplus de richesse. Mais ça le dépassait aussi, ce qui grondait en interne. Dizaines de centimètres, avant la chute. Des images en accéléré dans sa tête. Un flash douloureux, son corps qui tombe au sol. Ses mains avaient attrapé son visage sans vergogne. Bloqué dans un coin, son corps contre le sien. Il avait mordu ses lèvres, raccroché à ses mâchoires. "T'es pas mal non plus, t'sais..." Un souffle rieur, dans le mélange de leurs respirations. Il se décolla, un instant. Sa langue glissant sur ses lèvres, le coeur battant. C'était dur de ravaler, dur d'encaisser. Même quand c'était lui, même quand ça venait de lui. Frisson.

Ils s'étaient entrechoqués, sans pitié. Démarche naturelle, des aimants contraires. Un peu trop vite, un peu trop fort. Il n'attendait que ça. Ça lui tournait dans le crâne et les idées, depuis quelques jours. Il était resté silencieux, face aux messages laissés. Incapable de répondre, incapable de reprendre le cours normal des choses. Alors il les reprenait là où ils les avaient laissées. Entre leurs deux corps. "Au fait... J'ai pris la chambre à ton nom, et... Restait qu'une des suites les plus chères. Sorry." Un rire minime. Un souffle amusé. Il se mordit les lèvres pour se retenir de sourire un peu plus. Les portes ne tarderaient pas à se rouvrir. Quelques secondes, quelques instants. Il se décala lentement. Relâchant sa prise. Le dos de sa main glissa vaguement sous son nez, un frottement familier. Avant qu'il ne renfonce ses poings dans les poches de son caban, planté devant l'ouverture. Arrêt sur image, arrêt dans le temps. La montée coupée soudainement, les battants glissant devant lui. Il serrait la clé entre ses doigts nerveux. Baisser le nez, en sortant. Des pas fantômes, silhouette facile. À scruter du coin de l'oeil les noms et les numéros. Un détour, et son épaule échoua contre une nouvelle porte. Il déverrouilla, poussant du dos. Ses yeux retombant sur lui.





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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Lun 28 Mar - 21:34



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Cela faisait un drôle d’effet à Gabriel d’utiliser des mots sans qu’ils ne sonnent creux. Qu’ils aient une véritable résonance contre son palais, un poids sur sa langue. Il n’avait jamais dit à une autre personne qu’il la trouvait belle sans que cela ne soit demandé par la politesse, imposé par une étiquette à laquelle il se pliait à la force de l’habitude. Il ressentait d’ailleurs, plus qu’il ne constatait l’effet de la beauté du visage de Léonard. Des traits réguliers, transfigurés à chacun de ses sourires. Cette adorable fossette au creux de sa joue qui lui retournait l’estomac. Papillons fictifs en interne. Et la profondeur de son regard qui lui ôtait à chaque fois toute pensée cohérente. Il trouvait son rire séduisant, électrisant et le contact de sa peau contre la sienne lui tira un long frisson qui sembla réveiller des parties de lui qui étaient toujours demeurées éteintes.

Son palpitant faillit bien se décrocher de sa poitrine quand il saisit son visage, ses lèvres contre les siennes mais la chaleur de son souffle l’apaisa aussitôt. Il couina quand le jeune homme mordit ses lèvres, le visage rougit par la confusion mais son corps en alerte et à la recherche de celui de Léonard. Par pudeur il voilà son regard de ses cils quand le compliment tomba. Il avait comme un goût de pâte d’amande ou de fruit confit, suave et addictif. C’était la première fois que son physique vanté ne l’embarrassait pas. Ses épaules se décollèrent de la paroi de l’ascenseur, doucement il voulut prendre possession des lèvres de Léonard mais il réagissait trop lentement et il se trouvait déjà orphelin de la pression de son corps contre le sien.

La brusque immobilisation de l’ascenseur le secoua encore en interne. « Ce n’est pas très grave. » D’un haussement d’épaules il relégua le sujet aux souvenirs. L’argent n’avait jamais été une source d’inquiétude pour lui. Il avait la chance d’être né dans une famille fortunée et il aurait pu chaque jour s’acheter les caleçons les plus chers au monde et les jeter le soir à la poubelle sans faire un accroc à la fortune familiale. De fait, il ne travaillait pas par nécessité, mais par un réel sens de la justice et la forte assurance qu’il fallait des hommes comme lui pour jouer les garde-fous. Jusqu’à présent, il était absolument incorruptible.

La moquette absorbait le bruit de ses pas. Et la porte se ferma derrière lui dans un smoosh gracieux. Avant qu’ils ne montent, un seau avec du champagne avait été monté dans la suite. Mais Gabriel n’avait pas envie d’avoir le crâne trop léger et plein de bulles. Quoi qu’il arrive. Il n’était même pas franchement certain que leurs conversations puissent être reliées à du flirt – parce qu’il en ignorait en grande partie les codes – alors de là à laisser son imagination devenir sauvage…

« O-ooh ! Il yy a un panier garni. J’aime beaucoup les fruits secs. »





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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Mer 30 Mar - 14:45



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Ce n'est pas très grave.

Il se déplaçait au ralenti. Des pas lents, des mouvements entourés de ouate. Dans le coton de l'irréel. Ses yeux fixés sur la silhouette encore guindée du juge Conroy. Ce n'est pas très grave. Il se rognait les pattes, en interne. Ça l'offusquait, ça le dépassait. Et il se taisait. Il avait fini par vivre comme ça. Voler aux riches. Sans forcément redistribuer. Rien que pour piller. Ce n'était pas lui le coupable. Ce n'était pas lui qui avait commandé ces préceptes-là.

De ces lumières tamisées. La vue en arrière, sur le reste de la ville. Les lumières à leurs pieds. La porte s'était refermée. Alors il en était ainsi. Son corps échoué contre le mur, les poings serrés dans le fond de ses poches. Souffle retenu, avant le grand saut. Un sourire s'étala sur ses lèvres. Un brin moqueur. Prêt à s'éloigner, tout en défenses invisibles. Sa langue glissa sur la pulpe desséchée, nerveux. Du champagne et un panier garni. Ça ressemblait donc à ça. Le faste, réduit à de l'oseille. "Les petits fours du gala, ça ne t'a pas suffit ?" Le coin relevé, le regard éphémère. Il avait les épaules contractées et le coeur battant aux tempes. Son manteau finalement abandonné sur une chaise. À essayer de se libérer, lentement. Il avait besoin d'air. Ça le tuait, sensation claustrophobe trop marquée. Quelques boutons d'une chemise trop propre pour lui, et la porte-fenêtre entrouverte sur le balcon surplombant la cité. L'air frais le cueillit vivement. Paupières closes d'un instant. Avant de jeter un coup d'oeil en arrière, à son égard. La tête penchée, les manches relevées. Un rire perdu entre deux eaux, en se concentrant à nouveau sur ce qui vivait à ses pieds. "Vous avez d'l'humour, quand même. À toujours vouloir mettre le plus cher au plus haut. Ça donne l'impression d'être puissant au-dessus d'une fourmilière, c'est ça ?" Un ton bas, la voix calme. Il essayait de calmer certaines choses qui lui revenaient à fleur de peau. Vipères sournoises accrochées à ses nerfs à vif. Vous, les riches.

Une lente déglutition, un frisson étendu. Et une moue vaguement impressionnée par un spectacle de lumières, en se détournant et rentrant à nouveau. Il releva le menton, les poignes à nouveau enfoncées dans ses poches. Pantalon, cette fois-ci. C'était automatique. Besoin de se servir de ses mains, pour quelque chose. De les cacher, ou d'agir. Ça le tiraillait trop, sinon. "Du coup..." Ses dents tirant sur la chair, derrière les faux airs. Boule de tensions accumulées. Il s'éclaircit la gorge, avant le soupir. Comme pour lui-même, à s'expliquer des choses qu'il ne comprendrait jamais. "Personne t'attend ?" Pas de femme prête à t'appeler en hurlant d'inquiétude ? Pas d'amante sensible à la jalousie ? Il tâtait le terrain. Il reprenait son temps. Quelque chose d'indéfini flottant en eaux troubles.



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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Mer 30 Mar - 22:24



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Confusion marquée dans son regard clair. Gabriel se mordilla la lèvre et haussa les épaules. Il connaissait sur le bout des doigts l’art de la conversation agréable. Des badinages mondains qui mettaient tout le monde à l’aise. Le dernier livre en vogue, la météo, il savait les aborder avec esprit. Un parfait agenda mondain. Et il recourait à ces mêmes armes devant une situation qui lui échappait, recevant un accueil plutôt mitigé de la part du gamin rebelle. Il déglutit difficilement, ravalant sa réponse qui aurait buté sur ses lèvres, le rendant plus pitoyable encore. Il aurait voulu être à l’aise dans le jeu de la séduction mais il avait la sensation que tout était de trop. Plus jeune il avait été trop timide pour se laisser aller aux tourments des flirts. Son manque d’appétit pour les femmes ne l’y avait pas encouragé. Puis il s’était retrouvé fiancé et vite marié. Et les choses en étaient restées à peu près là. Il tritura l’anneau à son annulaire qui lui provoquait de fréquentes démangeaisons et s’éloigna du panier.

Il lui fallut que le sarcasme de Léonard l’ait traversé pour qu’il vienne le rejoindre sur le balcon. Un bref regard vers le bas, puis ses yeux accrochèrent l’horizon. Le badinage sans importance, il pouvait le faire. Même s’il contenait sa dose de critique. Les dîners mondains n’étaient qu’affrontements policés. « Non c’est pour la vue. » Du moins il l’imaginait. Il n’avait pas choisi de naître avec autant de moyens mais il ne l’avait certainement jamais pris comme une façon d’écraser les autres. Il se demanda si tout aurait une perspective différente s’il n’avait pas été aussi confortable. « Toutes les lumières de la ville, c’est joli. » S’excusa-t-il presque pour tous les gens de son espèce.

Et lui qui n’était déjà pas très à l’aise. Ne sachant ni quoi dire, ni quoi faire, se sentit encore plus inadéquat quand le jeune homme, retourné à l’intérieur de la suite lui demanda s’il était attendu. « Ma fff-ffeee-emme est partie pour quelques jjo-jours de spa-aa avec des amies. » Les lippes tirées en une grimace. Il pouvait presque deviner la petite mécanique qui trottait dans la tête de Léonard et qui allait railler sa vie. Monsieur qui s’offrait du bon temps pendant que sa femme faisait de même avec son argent.

Puis la honte lui collait aux basques. Le col de sa chemise le démangeait et il avait les paumes moites. Le regard tombé sur la moquette, il mâchouillait sa lèvre avec angoisse. Il avait soigneusement omis d’incarner le fantôme qui hantait sa vie depuis le départ. Elle avait plané sur leurs discussions comme une menace indistincte. Il s’éclaircit la gorge et se gratta un peu l’oreille. Il essayait de sourire mais il ne faisait que montrer ses dents. Il avait pleinement conscience maintenant du ridicule de son comportement. Mais Léonard n’avait jamais été supposé s’incarner devant lui. Il ne pouvait même plus l’oublier quelques secondes.

« Cc…cc…c’est…cc..gnnn… » Il fit claquer sa langue et secoua la tête, la langue comme de la bouille. La lettre D s’obstina ensuite à bloquer le reste des syllabes dans sa bouche et il devint pivoine, mettant fin à ses efforts d’un geste agacé de la main. Pour fuir vers la sortie.






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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Jeu 31 Mar - 13:26



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Toutes les lumières de la ville, c'est joli.

Il les imaginait, gamin. Qu'est-ce que ça devait être, vu de plus haut. Il était monté quelques fois sur le toit de l'institut, avec son frère de galère, son partenaire de crime. Il avait rêvé, quelques fois. Aux vies qui se cachaient derrière chaque fenêtre éclairée. De l'autre côté du gouffre, de l'autre côté du monstre. Des gens qu'il ne connaîtrait jamais. Chacun son lot, mais une maison à retrouver. Et au milieu de ces lucioles électriques, le bâtiment dans lequel il avait échoué trop de fois ressemblait à un îlot de noirceur. Une tâche sombre dans la nuit, tous feux éteints. Aux bras de Morphée et aux désirs des démons.

Le sourire s'était glissé sur ses lèvres, arme de poing. Pour se cacher, se défendre. Avant de revenir dans la douceur des tamisés. Des questions à contre-courant, quand il n'aurait dû que se taire et agir. Mais ils y avaient passé des mois. À se raconter des choses plus ou moins insignifiantes, des piques cachées sous les faux airs bien élevés. Parce que ça n'était pas bien élevé, ce qu'ils faisaient. Pas vraiment une question d'éducation, d'ailleurs. Mais si on l'écoutait un instant, l'enfant rageur, on aurait bien pu croire que la moindre de ses respirations était, à sa manière, un acte militant. Politique. Et face à lui, la figure de stabilité se liquéfiait. Un frisson le long de l'échine, le souffle lancinant et retenu. Des têtes d'épingles noires, au milieu de lacs mordorés. Une moue, comme pour essayer d'effacer ce qui se profilait. Le temps d'entrouvrir les lèvres, le temps de chercher les bons mots. Et tout se bloquait encore dans la gorge du juge Conroy. Léonard releva le nez en fronçant vaguement des sourcils. Soucieux. "Qu'est-ce que-... ?" Ça s'était étranglé. Un battement de coeur à côté. Il fuyait.

Un mince rire éclata en douceur, du fond de sa gorge. "J'fais si peur que ça, sérieux ?" Il avait l'air arrogant, et le voile des nuits oubliées. Un reniflement, en penchant la tête sur le côté. La gorge sèche, à essayer de ravaler des choses inexistantes. Sa langue glissa sur ses lèvres, avant qu'il ne les mordille. L'air moqueur, la main sur le coeur. "J'vais pas t'violer, hein." C'était devenu courant, dans sa bouche. Avec un ricanement, un brin de rien sous la dent. J'vais pas t'violer. Trop souvent formulé, presque toujours tombé à côté. Il se défendait aveuglément d'un méfait qui n'était pas le sien. Ça s'était collé à sa peau, sans qu'il ne puisse réellement s'en débarrasser. Un soupir retenu, les lippes pincées. De ces regards alentours, à constater l'état des dégâts, l'étendu des erreurs. "C'est quoi, alors ?" Ce qui s'était bloqué dans sa gorge, ravalé avant d'être dit.




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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Jeu 31 Mar - 21:10



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Le rire fit naître la tension dans les épaules, contractant la trachée un peu plus. Le juge Conroy goûtait peu la plaisanterie, surtout quand elle visait sa personne. Gosse il avait été ce grand machin tout sec avec de grandes oreilles et trop de taches de rousseur, des lunettes comme des culs de bouteille. Pour couronner le tout, il était roux. Il virait facilement au cramoisi et avec tous ces défauts, en plus d’être bègue, il n’avait pas passé ses jeunes années dans les meilleures des conditions. A sa vie d’adulte, les choses ne s’étaient que sensiblement améliorées. Il était juge, donc craint et les moqueries allaient donc bon train mais dans son dos. Il ne se détendit qu’à peine en constatant qu’il n’en était pas la cible.

Léonard était un jeune homme brillant, cela il avait pu maintes fois le constater. Et à l’écrit échanger avec lui avait été simple. Ses doigts eux au moins ne le trahissait pas. Mais à la lumière de l’incarné, quand ils étaient chair et os qu’est-ce que le gosse allait bien pouvoir lui trouver d’attrayant ? Un gosse, bon sang Gabriel, se fustigea-t-il alors qu’il dansait dangereusement proche de sa quarantaine. Alors non, qu’il ne lui saute dessus n’inquiétait pas tant Gabriel que cela.

Gabriel ferma les yeux, essayant de mettre toute sa volonté dans le muscle qu’était sa langue, les lippes si pressées les unes contre les autres qu’elles en étaient blanches. « Stupide. » Parvint-il à lâcher abruptement, les syllabes maladroites. Stupide, de croire qu’il pouvait se trouver là avec le gamin dans une chambre d’hôtel et qu’il avait les clés sur ce qui clochait dans sa vie. Qu’il savait, pourquoi et comment Gabriel se sentait aussi vide et insignifiant. Balayé de la surface de la terre, et il n’y aurait pas eu un frémissement de regrets quant à sa disparition.

« Inconscient. » Ses mâchoires lui faisait mal, à trop se concentrer. Parce que la chambre d’hôtel était à son nom et que c’était plutôt ironique car elle était louée dans la ville où il avait une résidence permanente qui disposait d’équipements bien mieux adaptés à ses besoins que ne l’aurait n’importe quelle chambre d’hôtel. Parce que quelqu’un, dans la foule aurait pu le reconnaître. Qu’il finirait par attirer la disgrâce sur le nom de sa famille et celui de sa femme.

« Interdit. » Il n’y avait rien qui pouvait rattacher leurs âmes l’un à l’autre. Ils n’avaient pas les mêmes croyances, ni la même éducation. Encore moins la même vision du monde. Et il était beaucoup trop vieux (oui il y revenait sans cesse). Il y avait trop de masculinité en jeu. Et il ne savait même pas si cela lui plaisait. Son corps était comme mort, insensible aux tourments de la passion. Sa femme lui avait dit un jour qu’il avait la consistance d’un mollusque et le sang froid d’un reptile. Et il n’était pas si fâché que cela avec ses conclusions.

« Ggga… ggg… » Il serra les poings, ongles dans sa chair. « ggarde la chchambre. Il y a un spa. »




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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Sam 2 Avr - 10:22



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Les mots s'écrasaient au sol avec lourdeur. Une lenteur démesurée. Face à lui, il y avait cet homme. Il avait passé des mois, à le retrouver dans l'imaginaire. Quand il passait une majeure partie de sa nuit éveillé. À essayer de travailler, sans succès. Quand il ne voulait pas rester seul, au milieu de son appartement. Avec ce qui dormait dans son crâne, ce qui sommeillait dans le fond de ses pensées. Il se souvenait bien de son visage tuméfié, derrière son écran. Et les adjectifs tombaient sur lui. Et il n'y avait que son silence en réponse. Il ne se voyait même pas le couper, même pas l'en empêcher. Ça le vissait au sol, avec le ventre retourné et le sourire nécessaire. Ses prunelles noisettes fixées sur ses traits. Au fond, ils avaient bien parlé. Mais jamais sans vraiment se connaître. Comme si il avait jamais appris à connaître qui que ce soit dans ce genre de conditions. C'était expéditif, brûlant et nécessaire.

Et il se retenait de ricaner, les nerfs à bloc. Un souffle retenu, un filin d'air et d'airain. Garde la chambre. Il y a un spa. Il avait commencé à bouger avant la fin de ses mots. Comme si lui allait rester ici pour le plaisir de se faire dorloter. Son sourire s'était élargi. Un peu abîmé, derrière les couches successives de vernis. Gabriel avait le visage d'un damné, et lui était l'enfer à sa portée. Des pas trop lents, ses mains se dégageant doucement. Jusqu'aux mots, graves et bas. Dans une expiration, avant de reprendre une bouffée d'oxygène et de plonger. "T'es con, putain." Un même manège qui se remettait en marche. La porte trop proche, derrière le juge Conroy, pour cette fois. Et sa façon de cueillir ses lèvres, sans préavis. Son corps venant lutter contre le sien, à le faire prisonnier entre le bois et la chair. Il avait refermé derrière lui, de toute manière.

Stupide, inconscient, interdit. Ça aurait pu être une bonne définition de la majorité de ses actions. Comme de la dernière en date. Ses lèvres entrouvertes, son souffle chaud. Ses mains accrochées à sa nuque, pour le faire plier, pour le faire ployer. De quelques centimètres. De quoi le mettre à sa propre taille. Il s'était rendu compte de la stature de l'autre, une fois dans le réel. Des secondes entre les temps. Des respirations qui se désordonnaient. Et la compulsion, de ses traits qui se modelaient d'une fraction à l'autre. Un sourire étiré, les cils baissés. À souffler sur son visage, dans sa propre respiration. Plongé dans son intimité. "Tu vas pas m'laisser là tout seul..." La gorge sèche et les lippes fiévreuses. Lui, il ne resterait pas seul ici. Pas aussi facilement. Parce que sans les excuses, il se sentait de trop. Une tâche, une erreur dans le décor, malgré les apparences. Et ça le dégoûtait, tout ce surplus, la surenchère. Mais il s'était fondu dans ce monde. Il en avait pris les codes.




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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Dim 3 Avr - 22:26



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La forme de la lune, creusée dans les paumes. La pointe des oreilles cramoisies et la fièvre sur la peau. Il opina d’un bref mouvement, acceptant sans trop de peine l’insulte. Il en avait connues des pires. Et il ne pouvait pas se rebeller contre ce qui était une évidence. Y avait quelque chose dans sa mécanique qui était absent. Il se sentait comme un pantin de bois. Il n’y avait jamais rien eu en lui, que de la pulpe d’une espèce exotique, des échardes luxueuses. Quelqu’un d’autre pour tirer les fils. Se rendre compte avec une telle acuité de sa vaine existence avait trahi sa volonté. Il voulait fuir et retourner à son quotidien placide, à quelque chose qu’il maîtrisait.

Il se sentait en danger sous le feu du regard de Léonard. La chair de poule gagna son épiderme alors que le jeune homme avançait vers lui. Son instinct lui cria de fuir, de ne pas se laisser happer et c’est ce qu’il fit, reculant vers la porte autant que l’étudiant avançait. Secouant la tête comme pour lui dire de ne pas faire un pas de plus. Son estomac se tordit quand il sentit la chaleur de son corps tout proche du sien. Poils hérissés. Il grinça des dents, comme chaque fois qu’on lui imposait un contact. Il avait envie de hurler et se s’évanouir.

Son cœur manqua sauter de sa poitrine mais son battement contre ses côtes resta étrangement agréable alors que les lèvres de Léonard étaient soudain pressées contre les siennes. Le front plissé par la surprise, les yeux écarquillés, Gabriel laissa se dissiper les premiers instants de stupeur. Lorsque le baiser s’acheva, il avait les yeux humides et de la lave dans les veines. Il pressa ses lippes l’une contre l’autre, goûtant la saveur de la bouche de Léonard dans la sienne avec rien d’autre qu’un goût de miel contre le palais. Son visage se pencha vers celui du garçon, ses hanches choquant les siennes, son corps appelant le sien. Pourtant il le repoussa brusquement, s’éloignant pour faire face à la baie vitrée, son visage tourné vers l’extérieur.

Il porta une main tremblante à ses lèvres, redessinant leur contour du bout des doigts, l’esprit tourné vers le bazar qui rugissait en lui. Ses lèvres qui avaient touchées celles d’un autre homme. Ce n’était pourtant pas la première fois mais c’était différent. Léonard l’avait embrassé, lui. Il avait ouvert une porte dont Gabriel ne soupçonnait même pas l’existence. Il esquissa un sourire et le cacha derrière sa paume.

Le doute dans ses pupilles alors qu’il le lorgnait comme une bête acculée. « Fff… fffé…ffaire ça. Je sais ppp-ppas. » Ses doigts agrippant son crâne, tirant sur ses cheveux. « Jjj… j’aime pas. Qu’on me… qqq… touche. » Les larmes bordant ses cils. « J’ai demandé pardon. » POur le baiser. Les seules syllabes qui ne le faisait pas trébucher. « Rr…reste…tte… mmon. Amm.mi. »





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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Mer 6 Avr - 20:27



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Il l'avait laissé se piéger à son propre jeu.
Et puis il l'avait repoussé.

Un mouvement brusque, pour se débarrasser de lui. Sans précautions, en pleine surprise. Il avait mimé un retour, mimé une réponse. Pour mieux le rejeter. Il avait fui, l'avait laissé dans la tourmente, à l'autre bout de la pièce. Un tremblement aux accents doucereux se lovant dangereusement le long de sa colonne vertébrale. Ça le laissait en sursis. Dans un temps perdu, entre les désirs et les dépits. J'ai demandé pardon. Ses mots se battaient encore entre ses lèvres. Léonard s'était lentement ressaisi. Se redresser, relâcher les barrières et les retenues qui l'avaient récupéré au creux de leurs bras. Des battements de cils, des battements de sang.

Il restait muet, trop d'idées logées au fond de son crâne ombrageux et ombragé. Il prenait sur lui-même, quand la bête entre ses côtes était déjà prêtes à se terrer au plus profond qu'il soit. C'était toujours trop tôt. Une longue inspiration, les traits tirés. Un visage fermé. "Ton ami ?" La raillerie s'était doucement enroulée autour de ses cordes vocales. L'air impassible. Un reniflement brisa le silence. Entre le dédain et la peine. Il en doutait, de ces idées-là. Ils avaient parlé, des heures, des mois. Sans jamais tout se dire, sans jamais tout s'avouer. Jamais laisser de quoi respirer assez d'air de l'autre pour survivre à une autre apnée.

Un autre mot avait percé l'air opaque. "Sérieusement." Il doutait seulement de la possibilité même. "J'vais pas te bouffer." Des injonctions similaires, pour arrêter de se faire à lui-même. Il avançait en eaux troubles, le ventre tordu en une position inconnue, loin au fond de lui. Une nervosité sous-jacente, et des envies contraires. Il agissait au radar, malgré les échos cassés. À finir de défaire sa propre cravate, lâche depuis longtemps. De quoi passer ses nerfs sur autre chose. De quoi s'occuper les mains. Il aurait pu fuir. Il aurait dû fuir. Ces mauvaises idées-là. Mais ça l'attirait, comme un puit sans fond.

Sa cage thoracique bougeait entre les frémissements. La joue mordue et les yeux baissés sur une tâche plus triviale. Ses bégaiements l'effrayaient. De cette façon qu'il se rendait compte un peu plus de l'humanité de celui qui le repoussait. La sensation douloureuse de son refus toujours brûlante, à fleur de peau. Jusqu'à l'insulte énervée, en finissant de défaire un bouton trop gênant. De ceux qui l'empêchaient de respirer correctement. "Fuck." Ses yeux mordorés avaient fauché sa silhouette, dans l'instant. De travers ou en coin. Du pareil au même. "J'supporte pas les gens qui demandent pardon." Les mots étaient finalement tombés. Une déglutition pénible, et des pas qui s'étaient mis à se répéter. Sa façon de passer l'activité trop importante qui l'habitait. Contenir la petite bête sauvage qui ne demandait qu'à grogner, derrière le masque de l'animal bien élevé. Les cent pas. Et la boule au ventre, tiède et trop présente. Indéfinie tant dans ses raisons que dans ses buts.




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MessageSujet: Re: □ and his touch must be wanted/FINI. (gabriel)   Dim 10 Avr - 18:35



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Des amis il n’en avait eu que peu. Il y avait toujours quelque chose chez lui qui finissait par les rebuter. Sa confiance, doucement entamée, avait fini par l’engoncer dans un carcan hostile et froid et s’il se montrait affable, il n’était jamais suffisamment « aimable ». Ses discussions quotidiennes avec le jeune homme sur la toile avaient fini par prendre une importance ridicule dans sa vie. Aussi sentit-il une pointe de douleur lui transpercer les côtes quand le gamin au regard sombre railla sa proposition. Le goût de la bile lui monta dans la bouche, baignant son palais. Il avait posé un regard inquiet sur les allées et venues du jeune homme, sa tête rentrée entre ses épaules à mesure que son pas se faisait plus rageur. Un éclat doré l’avait cloué sur place. Lui c’était tout ce qu’il savait faire, demander pardon pour son existence.

Il y avait une tâche sur la moquette qu’il transperçait de ses prunelles qui le mettait mal à l’aise. Mais pas autant que la présence enragée de Léonard à quelques pas de là. Les excuses rongeaient encore sa langue mais il se garda bien de leur donner une nouvelle forme maladroite. Il avait été idiot de répondre à l’invitation qui pesait maintenant comme une pierre dans le fond de sa poche. Il n’avait pas ce genre de courage là dans ses os. La situation était maintenant insoutenable.

Pourtant il y avait le fantôme de ses lèvres contre les siennes qui soulevait son âme vers les cieux. Un feu discret dans ses veines qui enflait en voyant les gestes de l’étudiant. Sa nuque libérée, la naissance de son torse et de quelques poils drus sous le tissu. De ses avant-bras aux muscles fins. De sa silhouette fine. Il voulait encore sentir son ventre pressé contre le sien. Cette douce chaleur tomber sur sa colonne vertébrale. Le voir à genoux, devant lui.

« Dd…ddd… » Balbutia-t-il avant de se mordre violemment la lèvre en se rendant compte qu’il tournait en rond. La scène devenait ridicule. Il était ridicule. Il pressa sa main contre ses lèvres pour refouler la nausée qui le tenaillait. Son corps le trahissait d’une bien étrange façon. Il avait toujours été un ennemi. En commençant par abriter des désirs inavouables. Il secoua le nez, cherchant à faire entrer l’air dans ses poumons. Sa langue était lourde comme du plomb. Il finit par agripper sa veste et se ruer dans les couloirs de l’hôtel.

Tempes bourdonnantes et vision floue.
Appuyant une fois sur le bouton de l’ascenseur, il continua à le presser comme si la machine allait réagir plus vite.
Il voulait échapper son enveloppe. Se fondre dans l’oubli. N’être que l’air refluant dans les poumons rageux de l’étudiant.






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