Partagez | 
 

 □ flickers in my head. (gabriel)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

¦ statements : 159
¦ faceclaim : jack falahee.
¦ copyright : avatar (c) january blues — signature (c) anaëlle ○ (gifs) tumblr — (citation) happiness, iamx.
¦ activity : doctorant en cliodynamique □ interne au parti démocrate □ blogger anarchiste sous couvert d'anonymat.
¦ love interest : coureur de caleçons □ victime de la folie des hommes.
¦ playlist : bunsen burner, cuts □ no church in the wild, kanye west □ house of the rising sun, the animals.

GHOST AROUND ▪
âge : vingt-six ans.
mates' book :
availability : (0/3)

MessageSujet: □ flickers in my head. (gabriel)   Ven 15 Avr - 19:01



□ □ □


Il essayait de penser.
Au moins un peu.

La musique était assourdissante. Des néons et des éclairs de lumière. Et sa tête tournait doucereusement. Une valse de ses réflexes, mal orchestrée. La tentation de prendre un verre de plus l'avait tenu en haleine pour quelques minutes. Pour se rassurer. Pour se donner confiance. Un peu plus, pour le moins. Assis au bar, il n'arrivait plus à se détacher de son tabouret. C'était plus sûr. Comme ça l'était, qu'on finisse par s'intéresser à lui. Il n'était pas n'importe où. Une mauvaise idée déguisée sous de jolies allures. Il aurait préféré disparaître. Partout, sauf ici. Parce que ce sentiment d'être une proie idéale était revenu lui serrer la gorge. Inhabituel, malgré ses aspects quotidiens. Il serrait son téléphone entre ses doigts, le coeur battant. Il avait préféré envoyer quelque chose, comme un dernier message, un dernier passage. Et puis l'habitude était revenue au galop. Malgré son esprit embrumé, malgré ses yeux fatigués.

Il attendait. Quelque chose d'incertain, quelque chose d'inconnu. Que d'une seconde à l'autre, il soit renvoyé chez lui. La sécurité de ses lieux. L'assurance de ses draps bleus. La constante idéale. Gorge sèche et bouche pâteuse. Il réagissait de travers, un brin en retard, un air à côté. Des frissons le long de la peau, alors que les liqueurs le refroidissaient. Et il n'arrivait même plus à se souvenir des raisons qui l'avaient poussé à venir. Sortir, pour mieux plonger dans la masse noircie. C'était dangereux, c'était innocent. Mais il mâchait sa lèvre inférieure avec une nervosité palpable. Coeur battant.

Ils dansaient sous ses yeux. Des corps emmêlées, des plus ou moins musclés. Sa mine renfrognée et son regard sombre et éthéré avaient dû finir d'en décourager certains. La soirée avait commencé avec une canette de bière, seul dans son appartement. Une tentative de flirt, sur des réseaux obscurs. L'image vivace du juge dans ses contacts, l'envie de prendre l'air. L'impression d'étouffer, le besoin de se noyer. D'oublier, tout oublier. Les devoirs, les actions. Le passé, le présent. Et ce futur incertain, qui lui tendait les bras. Un verre, deux verres, trois verres. Un tube de Britney Spears, un éclat de rire. Danser, pousser, se laisser aller. Avant de se réfugier dans des toilettes tout aussi bien fréquentés. Au bord de la crise de panique. Inspirer, expirer. Et au retour, laisser les consommations s'accumuler. Sans le plaisir, sans le sourire. Il avait cru l'insulter, il n'avait fait que le rappeler. Et maintenant, il attendait. Un signe de vie, un signe de la main. Depuis l'autre bout de la salle, en rouge ou en noir.

Un sursaut le secoua, manquant de couper sa langue. Des battements de cils éperdus, un sursaut de son estomac. Les papillons noirs, les corbeaux blancs. Il avait fini par glisser de son piédestal. Essayer de tenir sur ses jambes, combat en solitaire. Je viens te chercher.



_________________
MACHINE À BONHEUR.

staring blank at my screen, waiting for a sign, waiting for a smile to come to me, happiness. every day the news is death, you power-drunk fuckers are filling my head with despair, not happiness. {...}
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

¦ statements : 40
¦ faceclaim : Michael Fassbender
¦ copyright : babine

MessageSujet: Re: □ flickers in my head. (gabriel)   Dim 24 Avr - 17:08



□ □ □


Le livre s’était refermé. Page perdue. Le thé avait refroidi dans la tasse, devenant amer et sombre. Pourtant c’était avec des mouvements lestes que Gabriel avait enfilé un polo et un pantalon de costume : la meilleure version de look décontracté qu’il connaisse. Il n’avait pas ressenti le picotement familier au creux de ses paumes qui le saisissait quand quelque chose d’imprévu survenait et brouillait sa routine et qui finissait immanquablement par le figer et le portait aux bords de la crise de panique. Son cœur lui, pulsait contre ses côtes, douloureux alors qu’il engageait sa voiture dans la rue. Le GPS n’indiquait que des trajets courts. Il y avait trois clubs qui correspondaient à la description de l’étudiant. Il était dans le dernier.

De dehors la lumière était déjà assourdissante. Les éclats de rire et de verre raidirent les muscles de l’homme de justice qui posait un regard neuf et effrayé sur les scènes qui attrapaient son intérêt. Il aurait avancé les yeux rivés sur le bout de ses chaussures, s’il n’avait pas risqué de rentrer dans l’un d’eux. Eux. Ils avaient ce goût d’une tribu étrangère, aux codes indéchiffrables. La liesse sur leurs visages, qui transpiraient sur leurs corps faisait naître des frissons à la base de sa nuque. Ils posaient sur lui ce même regard surpris et étourdit. Il faut dire qu’il n’avait ni les fesses à l’air, ni une laisse autour du cou. Mais un trench sévère couleur beige et une écharpe tout aussi morne qui accentuait son côté moralisateur. Ceux qui s’adonnaient à des trafics peu légaux, disparurent quand ils l’aperçurent. Il portait sur lui sa belle attitude et son innocence.

Pourtant de ces choses-là il s’inquiétait peu. Jusqu’à maintenant, son cerveau n’avait pas imprimé la crudité de leurs actions tant son esprit était tiré dans un seul but : celui de retrouver Léonard. Il l’aperçut, perdu au milieu de la foule, accoudé au bar et son palpitant reprit ses battements. Passer à travers la foule, frôler tous ces corps inconnus lui colla la nausée. Un goût aigre dans la bouche et la sensation que son estomac grimpait le long de sa trachée. Il lui était impossible de se faire entendre, aussi posa-t-il sa main sur l’épaule du jeune homme, s’y agrippant plus qu’il ne la tapot ait. Avec les spots, il lui aurait été impossible de dire ce que signifiait le regard qu’il lui lança. Mais dans son esprit, tout se liquéfia.

Il glapit. Grimace comique sous les stroboscopes alors qu’un corps venait se coller au sien. Ses ongles dans la peau du gosse alors qu’il cherchait à se cacher contre lui. Un ours tout poilu et de près de deux mètres de haut devait le penser une agréable friandise puisqu’il venait de lancer ses grosses paluches à l’assaut de son corps. Et pas que.




_________________
My blue skies and grey
So close, but it ain't where I wanna be And I'm lovin' every minute of your company But have I read this so wrong Maybe I moved too fast Or maybe I missed a sign But baby this could last. You are the one thing on my mind ©️pathos.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

¦ statements : 159
¦ faceclaim : jack falahee.
¦ copyright : avatar (c) january blues — signature (c) anaëlle ○ (gifs) tumblr — (citation) happiness, iamx.
¦ activity : doctorant en cliodynamique □ interne au parti démocrate □ blogger anarchiste sous couvert d'anonymat.
¦ love interest : coureur de caleçons □ victime de la folie des hommes.
¦ playlist : bunsen burner, cuts □ no church in the wild, kanye west □ house of the rising sun, the animals.

GHOST AROUND ▪
âge : vingt-six ans.
mates' book :
availability : (0/3)

MessageSujet: Re: □ flickers in my head. (gabriel)   Ven 29 Avr - 17:23



□ □ □


Il tendait le dos.
Sans assurance.

Rien n'était certain. Il nageait en eaux troubles, la vision brouillée par les néons et l'heure avancée. Et l'attente, sanguinolente. Les lumières étaient passées au rouge et il dodelinait de la tête, raccroché au bar juste à côté. L'estomac retourné et l'esprit en pagaille. Des battements de cils hasardeux, à essayer de chasser les regards. Il se sentait visé, chassé, épié. Une chose qui partait du bas de sa colonne vertébrale, juste entre ses reins, pour venir se nicher à la base de son crâne. La nuque lourde et la langue pesante. C'était la sensation maligne. Celle qui aurait pu lui donner envie de pleurer, à la moindre égratignure, à la moindre écorchure.

Un simulacre de cri de surprise lui échappa. Le coeur battant, les yeux relevés. Frisson à même la peau, le blanc brillant. C'était indescriptible. Et il ne savait pas exactement ce qui se nichait là, au fond de son crâne noyé par l'alcool. Des secondes qui lui échappaient, une réalité trop rapide. À peine le temps de vaciller, de tituber. La prise s'était raffermie. Violente. De la peur distillée dans les veines, et l'expression de Gabriel face à lui. Difficile de déglutir, difficile de réfléchir. On le touchait. Il avait sûrement la voix moins assurée que ce qu'il ne pensait. Mais c'était sorti instinctivement. En détaillant son visage brut, à la faveur des stroboscopes incandescents. "Lâche-le, gros con !" L'insulte sûrement de trop.

Un muscle s'était contracté, au coin de sa mâchoire. Un brin de rien, un quelque chose sans nom et sans valeur. L'éthanol lui brûlait la trachée et lui faisait voir le monde trois fois trop grand. Un instant de confiance, avant le retour perdant. Il était pâle, le front brûlant. Prêt à exploser, si on le brusquait encore une fois. Il s'était vu en lui, le temps de quelques secondes. Ses mains sur son corps, la surprise et le choc. La peur tétanisante, la silhouette trop grande. Et l'envie de vomir, prenante. Ses paupières se refermèrent, abruti par le trop-plein d'informations. Les basses étourdissantes, le coeur au bord des lèvres. Il restait dans le noir de son corps, malgré les lumières qui se peignaient sur la toile de ses paupières trop fines. Kaléidoscope hypnotisant. Sa cage thoracique se soulevait sporadiquement, une peine nouvelle. Ça tournait même à l'intérieur. Et la poigne du juge Conroy transperçait sa chair. Ça tambourinait en lui, entre les barreaux de sa cage thoracique. Incapable de savoir quoi faire. Il l'avait appelé sans y croire, au final. Des mots lancés à la mer. Sans le vouloir, sans le pouvoir. Tire-moi de là. C'était sa supplique muette, ce qui transpirait à fleur de peau, ce qui flottait sur son front ombrageux.

Inspiration, expiration.
Il se forçait au calme. Il se forçait à la méthode.
Le souffle lui manquait, le coeur oppressé.

Tire-moi de là, bordel, Gabriel. Je vais finir par recracher mes tripes, là. Ils me regardent, ils te regardent. J'en veux plus, de ça. Tire-moi de là, Gabriel. Je crois que j'ai besoin de rentrer à la maison, pour cette fois.



_________________
MACHINE À BONHEUR.

staring blank at my screen, waiting for a sign, waiting for a smile to come to me, happiness. every day the news is death, you power-drunk fuckers are filling my head with despair, not happiness. {...}
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: □ flickers in my head. (gabriel)   

Revenir en haut Aller en bas
 

□ flickers in my head. (gabriel)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
□ smile, or go to jail! :: philly, bitch :: south philly :: pennsport-